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Bagages culturels : session d’hiver

Après le grand succès du projet estival « Bagages culturels », la SODEP et Érudit s'associent pour vous présenter « Bagages culturels : session d'hiver ». Ce sont trois corpus de textes tirés des revues culturelles québécoises que vous pourrez découvrir respectivement en janvier, février et mars : « Vivre sa nordicité », « Des régions vivantes : culture et histoire », puis « Portraits de femmes influentes d’ici et d’ailleurs ».

Chaque thématique est divisée en deux parties : les « textes en libre accès » auxquels vous pouvez accéder en un seul clic, puis les « textes sous restrictions » accessibles en vous connectant à une bibliothèque abonnée à Érudit comme BAnQ, votre université ou votre Cégep ou bien via le Réseau des bibliothèques publiques de Montréal. Référez-vous à votre bibliothèque de quartier pour savoir si elle est abonnée à Érudit.

Érudit diffuse la version numérique des numéros courants et des archives de plusieurs revues culturelles. Ce sont ainsi des dizaines de milliers d’articles culturels qui sont accessibles, en majorité librement, sur la plateforme d’Érudit.

Consultez les différentes thématiques : Vivre sa nordicité, Des régions vivantes : culture et histoire, Portraits de femmes influentes d’ici et d’ailleurs

FemmesInfluentes

Ma grand-mère, Olivette Lévesque-Babin, née le 11 avril 1914, a eu quatorze enfants. Devenue veuve trop jeune – Lucien, son mari, qui avait été contremaître à l’usine de papier de Port-Alfred, est mort d’un cancer en 1968 – elle a néanmoins su faire de ce moment de tragédie et d’adversité un tremplin pour devenir la femme que la société québécoise de son époque ne souhaitait surtout pas la voir devenir. Olivette était instruite, elle avait même fait des études et enseigné avant d’épouser Lucien. Il la courtisait depuis des années, mais elle l’avait fait attendre. Elle savait pertinemment qu’elle vivait en un temps où se marier voulait dire devenir une machine à pondre et à élever des enfants à la chaîne.
Mon père m’a dit plusieurs fois avoir gardé le souvenir de cette femme, sa belle-mère – et l’une des premières à s’être assuré que ce jeune Tunisien fraîchement débarqué se sente chez lui au Saguenay –, devant sa planche à repasser, le fer à la main, brûlant les vêtements qui devaient passer, sur des années et même des décennies, d’un enfant à l’autre, puis à l’autre, puis à l’autre… Elle rêvassait. Elle n’attendait qu’une chose : pouvoir se poser quelque part, et lire.

Grand-maman Olivette a quand même réussi à trouver un espace de liberté dans cette prison de la maternité et de la société québécoise de son époque. Elle s’est impliquée dans des actions environnementales (elle a notamment organisé une campagne de recyclage de papier dans son village dès les années 70), et a été la première femme échevine (conseillère municipale) de la région, de 1970 à 1974. Elle est responsable de la création de l’un des premiers foyers d’accueil pour femmes victimes de violence conjugale de la région, en 1977. À presque 80 ans, elle a repris des études universitaires, puis publié un livre, Mâture, voilure et souvenance, Histoire généalogique des familles Roy et Tremblay, paru en 1995.

Ma grand-mère n’est pas une femme d’influence au même titre que celles qui figurent à juste titre dans ce passionnant dossier et qui, chacune à sa façon, ont marqué notre société. Peut-être la seule différence réside-t-elle que dans le fait qu’il s’est trouvé des femmes et des hommes pour écrire sur les femmes influentes, les sortir de l’ombre, faire connaître leur importance. De plus en plus, il se trouve des voix pour rectifier ces oublis de l’histoire qui semble parfois hoqueter dans son biais contre certaines femmes, certaines minorités. Il faut de la patience, il faut continuer les efforts, et saluer le travail important de la SODEP et de nos revues culturelles.

Les choses changent. Il faut continuer la lutte, mais il faut aussi se réjouir. La preuve : fille d’un immigré tunisien et petite-fille d’une ménagère du Saguenay mère de quatorze enfants qui a refusé le rôle auquel la société voulait l’assigner, je suis invitée aujourd’hui à présenter ce dossier passionnant porté par la SODEP et Érudit… et à parler de cette femme d’influence méconnue qu’était Olivette Lévesque-Babin.

Mélikah Abdelmoumen, autrice, éditrice et professeure

TEXTES EN LIBRE ACCÈS

CIRCUIT

Isabelle Panneton

« “J’aime quand on explose de joie !” : entretien avec Ana Sokolović », vol. 22, no 3, 2012

« [...] en jouant la pièce, l’interprète rend la musique à l’abstraction d’où elle vient. C’est un cercle qui se referme. »

À lire sur Érudit

RELATIONS

Claude Vaillancourt

« Oser résister : entrevue avec Naomi Klein », no 783, 2016

« C’est précisément dans ces moments de grande tension que nous avons plus que jamais besoin d’avoir confiance en notre vision du monde. »

À lire sur Érudit

CONTINUITÉ

Josiane Ouellet

« Phyllis Lambert : la ville dans le sang », no 134, 2012

« Phyllis Lambert [...] a multiplié les réalisations remarquables dans la poursuite d’un objectif : améliorer la ville. »

À lire sur Érudit

ENTREVOUS

Danielle Shelton

« La place Anne-Marie-Alonzo », no 3, 2017

« Danielle Shelton a réussi à évoquer six étapes qui ont marqué la vie de cette femme hors du commun. »

À lire sur Érudit

SPIRALE

Mélikah Abdelmoumen

« Liberté, Féminité, Fatalité : cyberentretien avec Nelly Arcan », no 215, 2007

« C'est l'horizon de la mort qui donne un souffle à l'écriture. »

À lire sur Érudit

NUIT BLANCHE

Judy Quinn

« Marie Uguay : la mort aura tes yeux », no 102, 2006

« Son écriture, à l'inverse d'une révolte ou d'un isolement, dévoile un patient acharnement. »

À lire sur Érudit

VIE DES ARTS

Jean De Julio-Paquin

« Marcelle Ferron : une femme éprise de liberté », no 52, 2008

« Elle s'affirme comme une femme éprise de liberté [...] »

À lire sur Érudit

ESSE

Nathalie Desmet

« Le paysage, une contre-nature : entretien avec Anne Cauquelin / The Landscape, a Counternature: An Interview with Anne Cauquelin », no 88, 2016

« Le paysage est en effet une construction, il est pris comme un analogon de la nature [...] »

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CINÉ-BULLES

Jean-François Hamel

« Les pionnières québécoises : naissance d’un cinéma féminin », vol. 31, no 3, 2013

« Le cinéma féminin québécois a donc eu, dès ses débuts, une volonté de se faire entendre, de sortir du mutisme dans lequel il avait jusque-là confiné les femmes. »

À lire sur Érudit

LIBERTÉ

Charlotte Savary

« Julie Papineau, symbole d'un peuple déçu », no 7, 1965

« Cette femme frêle, ambitieuse et trop personnelle, se révèle ardente et ferme [...] »

À lire sur Érudit

ESSE

Valerie Behiery

« Of Veils, Feminisms, and Contemporary Art / Des voiles, des féminismes et de l’art contemporain », no 90, 2017

« Most images of Muslim veils in the mainstream art world challenge the historically entrenched sign of what I call the veil [...] »

À lire sur Érudit

NOUVEAUX CAHIERS DU SOCIALISME

Pierre Beaudet

« Entrevue avec Lorraine Guay et Jocelyne Bernier », no 14, 2015

« [...] nous devions travailler fort pour faire accepter à nos collègues masculins que la lutte principale n’était pas contre le seul système capitaliste, mais aussi contre le système patriarcal [...] »

À lire sur Érudit

CAP-AUX-DIAMANTS

Julie Roy

« Jeanne-Charlotte Allamand-Berczy : fondatrice de Toronto et femme d'esprit », no 66, 2001

« [...] il est temps de donner à Jeanne-Charlotte Allamand la part de crédit qui lui revient [...] »

À lire sur Érudit

TEXTES SOUS RESTRICTIONS

NOUVEAUX CAHIERS DU SOCIALISME

Julie Perreault

« Entrevue avec Édith Cloutier, directrice du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or », no 20, 2018

« [...] [...] elle nous offre une vision de la décolonisation à l’avant-garde des nouvelles politiques autochtones [...] »

À lire sur Érudit

ESSE

Anne-Marie Dubois

« Je est une autre Room(s) to move: je, tu, elle de Sophie Jodoin », no 94, 2018

« [...] Room(s) to move : je, tu, elle propose en parallèle trois espaces-temps où se déploie l’identité fragmentée d’une femme [...] »

À lire sur Érudit

NOUVEAUX CAHIERS DU SOCIALISME

Jean Trudelle

« Marie Blais. Profession : chargée de cours en urbanisme. Posture syndicale : éternelle battante », no 22, 2019

« [...] elle présentait avec fougue des analyses politiques sans concession qui allaient toujours directement au cœur du problème. »

À lire sur Érudit

MAGAZINE GASPÉSIE

Carmel Dumas

« Evelyn Dumas, journaliste pionnière », no 194, 2019

« Cinquante-sept ans se sont écoulés depuis que cette Gaspésienne de 20 ans devenait en catimini la première femme correspondante au Parlement. »

À lire sur Érudit

NUIT BLANCHE

François Ouellet

« Henriette Valet, indignation et révolte », no 156, 2019

« [...] elle découvre que la littérature peut être autre chose qu’un passe-temps, qu’elle peut contenir des idées et agir sur le monde [...] »

À lire sur Érudit

LETTRES QUÉBÉCOISES

Alexia Bürger

Dossier « Fanny Britt », no 175, 2019

« Je souhaite ardemment vivre dans le monde, parmi les humains, et résister à l’apathie. »

À lire sur Érudit

CIRCUIT

Sylvia L’Écuyer, Tamara Bernstein

Barbara Hannigan, vol. 30, no 3, 2020
« Les incarnations de Barbara Hannigan, artiste plurielle »

« Barbara Hannigan chante avec son corps et dirige comme elle chante »

« It’s about Complete Incorporation »: An Interview with Barbara Hannigan »

« I realized there was a way to be passionate about contemporary music and to handle—to embrace—the feeling of being an outsider [...] »

Régionsvivantes

On oppose à tort bien souvent l’offre culturelle de la grande métropole à celle des autres régions du Québec, ces régions que l’on dit éloignées. On parle de l’effervescence de l’une pour souligner le charme tranquille de l’autre…

Pourtant, tandis que les yeux sont rivés sur ce qui se passe comme nouveauté en ville, les régions, elles, s’activent, se concertent et collaborent plus que jamais afin de mettre en valeur leur richesse culturelle. C’est un véritable vent d’ingéniosité, d’innovation et d’audace qui balaie les régions depuis quelques années. De nouvelles manières de penser et de faire émergent, toute une communauté s’allie pour développer autrement un territoire et, avec lui, une vision renouvelée de la culture.

Car une scène culturelle vivante, c’est un cœur battant d’activités humaines et artistiques où chaque citoyen et chaque citoyenne trouve sa place pour le faire rayonner. Rassemblés sous le thème Des régions vivantes : culture et histoire, le corpus de textes présenté ici nous invite à réfléchir aux enjeux associés aux diverses régions québécoises.

Hélène Hotton, directrice générale de la SODEP

TEXTES EN LIBRE ACCÈS

CINÉ-BULLES

Éric Perron

« Points de vue de cinéphiles : en quête d’écrans », vol. 34, no 3, 2016

« La principale raison qui les empêche d’en voir davantage est l’offre insuffisante en salle dans plusieurs régions. »

À lire sur Érudit

CONTINUITÉ

Pierre Frenette

« Pays de titans », no 80, 1999

« La Côte-Nord, c'est l'immensité, la démesure. »

À lire sur Érudit

JEU

Raymond Bertin

« Quinze ans de Voyagements, et encore tant à faire : entretien avec Caroline Lavoie » no 148, 2013

« De plus en plus de gens souhaitent être mis en contact avec des œuvres de qualité, c’est un réel changement. »

À lire sur Érudit

CIRCUIT

Réjean Beaucage

« La 25e édition du FIMAV : actualité de la musique... actuelle », vol. 18, no 2, 2008

« Le FIMAV [...] a devancé son public et démontré la viabilité de sa proposition. »

À lire sur Érudit

CIEL VARIABLE

Sébastien Hudon

« D’une dystopie réalisable / An Achievable Dystopia / Steve Veilleux, Projections », no 99, 2015

« Le travail de Steve Veilleux nous place devant ce moment où l’image préfabriquée et prophétique d’un promoteur immobilier n’a pas encore rencontré sa concrétisation. »

À lire sur Érudit

CAP-AUX-DIAMANTS

Andréanne LeBrun

« Le chemin de fer dans la région de Rouyn et Noranda : un enjeu pour le contrôle du Nord-Ouest québécois », no 112, 2013

« l’implantation du chemin de fer dans la région de Rouyn transcende les dimensions locale et régionale pour atteindre la sphère nationale »

À lire sur Érudit

CINÉ-BULLES

Éric Perron

« Écrans d’auteur » vol. 20, no 3, 2002

« Rejetée par la grande majorité des salles commerciales, la diffusion du cinéma d'auteur est reprise en région par d'autres [...] »

À lire sur Érudit

JEU

Michelle Chanonat

« Le théâtre jeunes publics en région : une zone sinistrée ? », no 148, 2013

« Dans les Laurentides, il est plus facile de parler des paysages que d’agir pour consolider ce capital [...] »

À lire sur Érudit

TEXTES SOUS RESTRICTIONS

MAGAZINE GASPÉSIE

Marie-Josée Lemaire-Caplette

« La Gaspésie immortalisée », no 198, 2020

« cette Gaspésie avec ses paysages bruts, ses couleurs si vivantes et sa lumière singulière [...], ce quelque chose d’intangible, mais de bien réel, qui éveille la sensibilité »

À lire sur Érudit

HISTOIRE QUÉBEC

Virginia Pésémapéo Bordeleau

« Établir le dialogue par l’art contemporain en région », vol. 24, no 4, 2019

« Ce fut une découverte dans ce milieu habitué à l’idée que les Autochtones ne font que de l’artisanat. »

À lire sur Érudit

ENTREVOUS

Patrick Coppens

« L’eau monte », no 10, 2019

« Rivière des Prairies née d’un fleuve et fière de savoir aller où bon lui semble, comme vole l’oiseau saute-roseau, trilles en fleurs. »

À lire sur Érudit

NUIT BLANCHE

Pierre Rouxel

« Écrire « sur » la Côte-Nord », no 154, 2019

« On peut rêver d’elle — sans y être jamais allé. On peut y être passé en coup de vent ou y avoir vécu peu ou prou. On peut avoir décidé de s’y installer ou y être né. On peut y avoir vécu depuis des centaines d’années. »

À lire sur Érudit

MŒBIUS

Alex Noël

« Coupées au montage : fragments sur trois femmes peintres », no 158, 2018

« Vous étiez pourtant une génération entière de femmes, nées dans les années 1920, à créer des œuvres de haut calibre au fil du siècle, mais personne ne m’avait jamais parlé de vous. C’est toujours par accident que je vous découvre. »

À lire sur Érudit

NUIT BLANCHE

David Lonergan

« Françoise Bujold. À toi qui n’es pas né au bord de l’eau », no 158, 2020

« Car la Gaspésie est le sujet de son œuvre poétique et théâtrale, ainsi que l’inspiration fondamentale de ses œuvres picturales. »

À lire sur Érudit

NOUVEAUX CAHIERS DU SOCIALISME

Pierre LaGrenade

« Salaberry-de-Valleyfield : un nom, une histoire », no 22, 2019

« [...] son histoire est liée étroitement aux luttes et résistances ouvrières et citoyennes. On peut parler ici d’une importante ville ouvrière. »

À lire sur Érudit

HISTOIRE QUÉBEC

Monique T. Giroux

« L’industrie du vêtement, une marque indélébile de l’histoire de Victoriaville et sa région », vol. 24, no 1, 2018

« La révolution industrielle a profondément métamorphosé les conditions de vie des populations. »

À lire sur Érudit

NOUVEAUX CAHIERS DU SOCIALISME

Pierre LaGrenade

« Une classe ouvrière qui résiste », no 22, 2019

« Tout au long de son histoire, Salaberry-de-Valleyfeld a été marquée par une combativité ouvrière hors du commun. »

À lire sur Érudit

NUIT BLANCHE

Philippe Ducros

« Gespe’gewa’gi », no 158, 2020

« Je crois que la Gaspésie a ce pouvoir de laisser au vent et à l’horizon la chance de nous fendre, de faire de la place en nous, de la place pour aimer. »

À lire sur Érudit

vivre sa nordicité

Comment penser le monde froid, le « Nord », l’Arctique, voire l’hiver et l’ensemble des phénomènes et signes qui les composent ? Bien que l’hiver, le Nord et le froid ne soient pas nouveaux, ils ont jusqu’à récemment été peu étudiés et pensés en tant que phénomènes. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce déficit de connaissances, remarqué dès les années 1960 par le géographe et linguiste québécois Louis-Edmond Hamelin, qui appelait à un nouveau chantier critique autour des néologismes qu’il a alors proposés, et qui sont devenus des programmes dynamiques de recherche : la « nordicité » (l’état de du Nord) et l’« hivernité » (l’état de l’hiver). Les deux notions impliquent une approche pluridisciplinaire, qui appelle l’étude des aspects physiques, sociaux, psychologiques, économiques, urbanistiques, culturels, littéraires, linguistiques et esthétiques. Ils permettent enfin de définir le Nord et l’hiver sans les associer à leurs contraires, mais plutôt en fonction de leurs composantes et de leur fonctionnement propre. Cela permet un renversement fertile, pour arriver à identifier les possibilités du monde froid de manière positive, plutôt que de ne le considérer qu’en termes d’« adaptation » à des modèles imaginés pour des climats plus tempérés.

Ainsi, lorsqu’il invente ce néologisme « nordicité » dans son laboratoire de Québec dans les années 1960, Hamelin souhaitait suppléer au manque de vocabulaire de la langue française (et par extension, anglaise) pour désigner le climat et l’environnement dans lequel il vivait. Il ne se doutait alors pas à quel point cette notion deviendrait populaire et représenterait aujourd’hui, pour les Québécois et les autres peuples nordiques, une part de leur identité. Au cours de sa carrière, Hamelin a créé des centaines d’autres mots pour désigner les réalités physiques, sociales et culturelles du « Nord ». Il considérait que, sans les mots adéquats, on demeurait « analphabète » au sujet des réalités qui nous entourent. Ne pas avoir de mots pour décrire le monde nous restreint à une méconnaissance, mais aussi à un inconfort, voire à un rejet de ce que l’on perçoit.

Aujourd’hui, grâce à ces avancées, nous pouvons amorcer de nouvelles comparaisons entre les cultures et sociétés nordiques (du Québec, du Canada, de la Scandinavie, de la Russie et de la Finlande) qui ne concernent pas seulement leurs aspects climatiques : la notion d’« imaginaire du Nord » ouvre une perspective inédite pour comprendre l’ensemble des signes, phénomènes, comportements, représentations et pratiques liées au fait de vivre dans un espace marqué d’une part par l’alternance saisonnière différenciée de la lumière et de la noirceur, et d’autre part par l’alternance entre un climat tempéré et un climat froid. Comment considérer comme un avantage le froid, la neige, la noirceur, la glace? Comment mieux imaginer et mieux vivre le repli intérieur (psychologique et physique) qu’est la période hivernale ? Comment penser le Nord en soi ? Voilà les questions fascinantes soulevées par la nordicité, et les défis intellectuels qu’ils imposent aux chercheurs pour trouver des manières de mieux vivre, et de vivre plus heureux, dans le monde froid.

Daniel Chartier, professeur à l'Université du Québec à Montréal et directeur du Laboratoire international de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique

TEXTES EN LIBRE ACCÈS

CONTINUITÉ

Daniel Chartier

« L’hiver sous les couvertures », no 135, 2013

« Froid, neige et isolement dérangent le déroulement linéaire du temps »

À lire sur Érudit

LES ÉCRITS

Jean Désy

« L’espoir au Nord : une utopie ? », no 148, 2016

« Le Nord, d’abord, est fait d’une culture bâtie par des êtres humains qui l’ont habité et l’habitent encore avec un amour véritable. »

À lire sur Érudit

LIBERTÉ

Julia Posca

« Perdre le Nord » no 311, 2016

« Non seulement nous avons domestiqué la nature, mais nous l’avons carrément chassée de la plupart des lieux que nous habitons pour nous sentir plus à l’aise. »

À lire sur Érudit

CIEL VARIABLE

Sonia Pelletier

« Un mur de neige ou la nordicité visitée / Resolute Bay — Voyage du jour dans la nuit, Jacky Georges Lafargue et Louis Couturier », no 91, 2012

« Les artistes réussissent ici [...] à nous faire rejoindre ce monde des contrées éloignées [...] »

À lire sur Érudit  

SPIRALE

Daniel Chartier

« Littérature groenlandaise : Lynge le magnifique / Taqqat uummammut aqqutaannut takorluukkat apuuffiannut / The Veins of the Heart to the Pinnacle of the Mind d’Aqqaluk Lynge », no 225, 2009

« [...] son pays porte, à travers le monde, l'espoir d'un modèle qui pourrait paver la voie à une réorganisation postcoloniale du monde inuit et autochtone. »

À lire sur Érudit

CIRCUIT

Anthony Cushing

« Glenn Gould and ‘Opus 2’: An outline for a musical understanding of contrapuntal radio with respect to The Idea of North, vol. 22, no 2, 2012

« The work’s focus is on the solitude of Northern living from the perspective of five people, each of whom spent considerable time North of 60. »

À lire sur Érudit

ESSE

Sydney Hart

« Reading Contrapuntally : Geronimo Inutiq’s ARCTICNOISE / Une lecture en contrepoint : ARCTICNOISE, de Geronimo Inutiq », no 86, 2016

« [...] the voices seem to cultivate the experience of conversing with guides to understand a mystifying region, as much as they contribute to an image of the North as a solitary, daunting place [...] »

À lire sur Érudit

CONTINUITÉ

Léo Zrudlo

« Entre la Norvège et le Québec : architecture nordique et adaptation à l’hiver », no 59, 1994

« [...] si nous acceptons de jouir de l'hiver au lieu de le subir, nous pourrons adapter notre façon de vivre en fonction de celui-ci [...] »

À lire sur Érudit  

CIEL VARIABLE

Francine Paul

« Alain Lefort, Eidôlon-Chasseur de paysages au printemps des glaciels / Alain Lefort, Eidôlon-Hunting for Landscapes in the Spring of Glacial Figures » no 106, 2017

« Les paysages de Lefort nous transportent au cœur d’une nordicité ouverte et immense livrant un nuancier presque exponentiel de blancs, de gris et de noirs des glaces qui se découpent sur l’horizon ou s’agglutinent les unes aux autres [...] »

À lire sur Érudit

TEXTES SOUS RESTRICTIONS

NUIT BLANCHE

Jérôme Guénette

« Imaginaire de la Côte-Nord. De l’espace nord-côtier », no 154, 2019

« La Côte-Nord textuelle devient le lieu d’une remise à neuf, d’un retour à soi, en soi [...] »

À lire sur Érudit

RELATIONS

Daniel Chartier

« Penser l’hiver », no 805, 2019

« La méconnaissance des phénomènes liés au froid conduit à un flottement langagier. »

À lire sur Érudit

MŒBIUS

Loïc Beauregard-Lefebvre

« Le vent qui coule se vide à l’horizon », no 166, 2020

« L’hiver a basculé sur le soleil. Il a fallu trouver le courage, prendre le risque d’avancer. »

À lire sur Érudit

RELATIONS

Julien Simard

« Vieillir encabanés l’hiver ? », no 805, 2019

« L’hiver tel que nous le connaissions est en train de disparaître et, avec lui, le peu de prise que nous avions sur lui. »

À lire sur Érudit

ENTREVOUS

France Bonneau, Hélène Perras, Monique Pagé

Série « Poétique hivernale », no 6, 2018

« Dans cet hiver »

« Une fillette en hiver »

« Nostalgie, Recueillement »

ESSE

Chris J. Gismondi

« Why is the Arctic Always White ? Circumpolar Indigenous Artists in the Age of the Anthropocene », no 97, 2019

« Understanding how non-Indigenous people imagined the Arctic throughout history helps us comprehend perceptions of it today [...]»

À lire sur Érudit

RELATIONS

Caoimhe Isha Beaulé

« Montréal attache sa tuque », no 805, 2019

« [...] faire le point sur l’hivernité des Montréalais soulève des questions fondamentales sur la relation qu’entretient la population avec son milieu. »

À lire sur Érudit

MAGAZINE GASPÉSIE

Alexander Reford

« Traverser la péninsule gaspésienne à pied : un périlleux périple ! », no 195, 2019

« En hiver, le trajet est souvent plus facile, car libre de la plupart des obstacles, mais les défis météorologiques et l’isolement rendent les voyages périlleux. »

À lire sur Érudit  

MŒBIUS

Guy Sioui Durand

« Yänariskwa (Grand Loup) et Yändia’wich (Grande Tortue) à la pointe aux Indiens de la rivière Unamen (Romaine) », no 166, 2020

« Ici, dans le Nord, bien des outardes, des saumons et des castors ne réapparaissent plus. À quand le tour des Innus ? »

À lire sur Érudit  

ESSE

Nayla Naoufal

« Le paysage comme pédagogie : Danser Sápmi / Landscape as Pedagogy: Dancing Sápmi », no 98, 2020

« Les pierres, la marée, les animaux, les joiks, la lune, le vent, les plantes, le soleil, les esprits, la neige savent et sont ses professeurs [...] »

À lire sur Érudit

Crédits pour les visuels : Daphnée BC

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