Où finit la critique, où commence l’essai? Pourquoi ne pas porter un regard philosophique sur une production en arts visuels? Qu’en est-il de l’esthétique d’une écriture, de la pertinence formelle d’une réflexion? Et si on en finissait avec la superficielle recension de l’actualité culturelle? Spirale se fait l’écho de la richesse du monde, du déploiement de ses différences et de ses contradictions, invite critiques et créateurs à communiquer, dans une langue claire et accessible, l’état de leur réflexion sur tout ce qui les fascine, à soupeser les enjeux politiques, sociaux, moraux et théoriques de la production artistique contemporaine.
Intitulé « Le savoir capital », le dossier de ce nouveau numéro cherche à nourrir la réflexion non seulement sur le mode d’accessibilité aux institutions d'enseignement supérieur, mais d’abord – et surtout - à « se pencher sur la nature du savoir auquel nous souhaitons préserver l’accès ». Ainsi, les collaborateurs de ce dossier, tous des professeurs ou chargés de cours à l’université ou au collège, ont accepté le mandat de commenter divers ouvrages « testaments » du printemps érable afin d’interroger les liens délicats qui unissent professeurs, savoir, institutions d’éducation et forces du pouvoir. Hors dossier, un texte hommage à Jean-Bertrand Pontis, décédé début 2013, ainsi qu’une critique de son dernier livre, Le laboratoire central, les comptes-rendus de trois recueils d’Hélène Cixous et, en portfolio, les peintures de Pierre Dorion.