La littérature est un lieu de rencontre privilégié entre les savoirs et les disciplines. Les études littéraires exigent souvent, aujourd’hui, la multiplication des points de vue sur ce phénomène foisonnant en faisant appel à la philosophie et à l’esthétique, à l’épistémologie et aux sciences exactes, à l’anthropologie culturelle et aux théories féministes, à l’histoire des formes esthétiques et à l’histoire des idées… Rattachée à l’Université du Québec (Rimouski et Trois-Rivières), Tangence multiplie les points de rencontre, transcende les genres et les écoles et offre un forum aux universitaires québécois, canadiens et étrangers.
Tant au Québec qu’au Canada, les auteurs qui ont préféré écrire en latin plutôt qu’en français ont longtemps été oubliés, laissant dans l’ombre une riche production littéraire. Souhaitant faire revivre peu à peu des textes méconnus qui nous permettent de mieux comprendre la Nouvelle-France, les articles de ce numéro approfondissent le bilan amorcé dans un volume précédant (no 92, hiver 2010). Haijo Westra s’intéresse aux trois premiers textes qui décrivent la côte Est, John Gallucci aux termes latins qui servent à désigner les Amérindiens dans les Relations et Jean-François Cottier, qui dirige aussi le présent numéro, réfléchit à l’utilisation du latin comme outil de grammatisation des langues autochtones. Sont aussi analysés dans ce numéro : l’influence des classiques latins et l’intertextualité dans les poèmes de Le Brun et de Philippe Aubert de Gaspé.