Qu’il s’agisse du « Plan Nord » libéral ou du « Nord pour tous » du Parti québécois, l’exploitation des ressources au nord du 49e parallèle est bel et bien en marche et la logique financière derrière cette ruée fragilise déjà les communautés locales ainsi que nos relations avec elles. Dans un dossier cherchant à identifier les défis auxquels le gouvernement Marois doit faire face, les textes d’Emiliano Arpin-Simonetti, Robert Laplante, Alain Deneault, Bertrand Schepper, Virginie Larivière et Christian Moissonneau explorent aussi différentes propositions pour repenser le développement nordique. En éditorial, Jean-Claude Ravet se penche sur le mandat du nouveau pape, la section « Débats » s’intéresse à ce qui ne tourne pas rond dans l’éolien au Québec et la portion « Regard » analyse la couverture médiatique de l’attentat du 4 septembre 2012 visant la première ministre nouvellement élue.
Si les idéologies fondées sur la notion de race ne sont plus tolérées dans nos sociétés libérales, le racisme n’en est pas disparu pour autant. Quels visages revêt aujourd’hui cette forme de discrimination? L’islamophobie gagne-t-elle du terrain au Québec? Avons-nous une politique antiraciste digne de ce nom? Ce dossier cherchera à démasquer les nouveaux avatars d’un racisme toujours à l’œuvre dans notre société. À lire entre autres dans la section « Actualités », un bilan de l’entrée en vigueur de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale qui fête ses 10 ans et un retour sur le Forum social mondial sur la Palestine de décembre 2012. Publiée par le Centre justice et foi, la revue Relations en profite aussi pour souligner ses 30 ans d’activité.
Dans le contexte des États généraux de l’action et de l’analyse féministes, Relations numéro 762 scrute certains des grands enjeux auxquels fait face le mouvement féministe au Québec. Diversifié et traversé par divers courants, quelles sont ses perspectives d’action et d’avenir dans un contexte de montée de la droite, notamment religieuse, qui s’attaque aux acquis et aux droits des femmes? Tandis que Catherine Caron propose un état des lieux du féminisme, Diane Lamoureux fait un retour historique sur le mouvement. Les textes de Marie-Iris Légaré et Élisabeth Garant abordent respectivement les questions de la solidarité entre femmes autochtones ainsi qu’entre femmes laïques et religieuses. À lire aussi : la section Débat sur l’optimisme versus le pessimisme, la section Horizons sur la lutte pour l’éducation en République dominicaine et Le carnet de José Acquelin intitulé « Libertés collatérales ».
Le rire est-il en train de perdre son pouvoir politique et son pouvoir de transgression? Le processus d’« humorisation » de la sphère publique participerait-il d’un désengagement social? Entre le banal et le vital, l’humour balance. Des collaborateurs de première ligne tels que Jérôme Cotte, membre de l’observatoire de l’humour, Robert Aird, historien et professeur à l’école de l’humour et le Zapartiste Christian Vanasse participent à cette réflexion brûlante d’actualité sur le rôle de l’humour dans notre société. À lire entre autres parmi les articles hors dossier, un bilan des élections mexicaines, une réflexion sur les stratégies migratoires aux Philippines et un regard sur le rapport Mourir dans la dignité.
Socle de l’expressivité humaine, la langue renvoie à la dimension symbolique de l’existence et ne peut être réduite à un simple outil de communication. Dans ce dossier «Que vive la langue!», Relations soulève plusieurs questions. Quelle est la situation actuelle du français au Québec? Comment est-il enseigné aux enfants? Quels défis soulève l’intégration de nouveaux arrivants? Et comment faire du français la langue commune? Ce dossier aborde aussi la portée identitaire de la langue et sa présence dans l’espace public en donnant la parole, notamment à Brigitte Haentjens qui signe «Du Moulin à paroles à Nous?» Un numéro illustré par l’artiste invitée Lisa Tognon.
L’Église québécoise est de plus en plus appauvrie à plusieurs égards, notamment sur le plan de l’engagement social. Quelles en sont les conséquences alors qu’une droite religieuse conservatrice de plus en plus virulente encourage le repli sectaire? En quoi cet appauvrissement est-il une occasion de rebondir pour les croyants? Peut-il favoriser une reconnexion de l’Église avec la société, la rapprocher des laissés-pour-compte? C’est le questionnement qui sous-tend ce dossier. Parmi les articles hors dossiers, des réflexions sur l’immigration, la prostitution et l’avenir du Pays Basque, entre autres, sans oublier le carnet de José Acquelin et les œuvres de l’artiste peintre invité Daniel LeBlond.
Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, selon l’adage. En quoi un rapport sain au passé permet-il de nourrir nos aspirations futures? Qu’en est-il de la transmission des luttes collectives portées par ceux et celles qui nous ont précédés? Ce dossier explore la dimension subversive de la mémoire, au-delà de la «patrimonialisation» de notre passé, et montre en quoi elle est au fondement du lien social. Également au sommaire, dans la chronique «Controverse», on se demande si l’action politique doit être partisane ou non; et dans son «Carnet», Wajdi Mouawad signe la dernière partie d’Une expérience identitaire.
Source et symbole de vie, l’eau est l’objet de nombreuses convoitises dans un contexte où la marchandisation de la nature s’accélère. Une réflexion sur l’appauvrissement de cette ressource s’impose, de même qu’une analyse de notre Politique nationale de l’eau. Quels sont les enjeux actuels entourant le fleuve Saint-Laurent? Quels sont les combats menés par les citoyens pour protéger nos rivières, par exemple, et lutter contre la privatisation des services publics de l’eau? Quel rapport particulier les Québécois entretiennent-ils avec l’eau et l’univers maritime? En plus de ce dossier, on peut lire entre autres la chronique littéraire de Suzanne Jacob et le carnet de Wajdi Mouawad.
Dans un contexte où le néolibéralisme et le néoconservatisme imprègnent notre société et l’action des gouvernements en place, les reculs démocratiques se multiplient sous nos yeux. Formons-nous une communauté politique maître de son devenir tel que cela devrait être le cas en démocratie? Plusieurs signes permettent d’en douter. Le dossier de ce numéro en analyse quelques-uns, en explorant aussi les initiatives citoyennes et les fondements du renouvellement nécessaire de la démocratie. Pour illustrer cette édition, Relations a fait appel à Christian Tiffet, designer graphique, illustrateur et directeur artistique du journal Le Devoir.
À notre époque, de plus en plus de gens souffrent d’un système socio-économique et d’une idéologie managériale fondés sur des contraintes de performance déshumanisantes. Comment entendre la voix de ceux qui souffrent dans un monde où l’on tend à «médicaliser l’existence»? La souffrance peut-elle avoir un sens? Et que dire de celle engendrée par la violence vécue par les peuples du Sud, victimes de ce même système inégalitaire? Dans ce dossier, Relations se penche aussi sur la souffrance en tant que condition inhérente à l’expérience humaine, sur laquelle le christianisme a jeté un regard particulier.
Alors que le néolibéralisme se consolide dans plusieurs pays, à la faveur de la crise, l’Amérique latine se distingue. On y trouve des gouvernements de gauche, on y invente de nouvelles formes de citoyenneté, on reconquiert de diverses façons les leviers nécessaires pour réaliser une plus grande justice sociale. Quel contexte a permis à ces initiatives d’émerger? Quelles difficultés, contradictions et luttes rencontre-t-on? Et surtout, quelle inspiration tirer de ces expériences? En plus de ce dossier sur l’Amérique latine, ce numéro présente entre autres les œuvres de l’artiste Claudia Bernal, le carnet de Wajdi Mouawad et la chronique littéraire de Suzanne Jacob.
Qu’est-ce que l’itinérance révèle de nos sociétés actuelles? Qu’est-ce qui amène les gens à la rue? Relations publie un dossier sur l’itinérance, une occasion d’explorer ce phénomène en croissance partout au Québec, ses causes, ses nouveaux visages, ainsi que les revendications des groupes sociaux. Les photographies d’Hellen Lapointe, intervenante sociale et artiste, sont tirées de l’exposition Les contes de la rue, qui porte sur le thème de l’errance sociale et illustre le présent dossier. Également au sommaire, entre autres, les 60 ans de la Convention de Genève et la chronique littéraire de Suzanne Jacob, intitulée La matière du temps.
Quelles sont les origines et la pertinence, encore aujourd’hui, de la «théologie de la libération», ce courant de pensée chrétienne venu d’Amérique latine qui interroge les causes structurelles de la pauvreté? Ce dossier se penche sur les nouveaux lieux de pratique de cette tradition de solidarité, notamment à travers l’émergence des théologies indigène et féministe. Relations montre que cette manière toute particulière de faire de la théologie doit relever l’important défi écologiste. Également au sommaire, une chronique littéraire de Suzanne Jacob, le carnet de Wajdi Mouawad et, dans la rubrique «Controverse», un débat sur les centres d’injection supervisée.
Ce numéro s’intéresse aux jeunes voix engagées. La vague de cynisme qui submerge nos sociétés n’atteint pas toute la jeune génération; l’altermondialisme et l’écologisme, entre autres, témoignent d’une vitalité militante. Mais dans un contexte socio-économique favorisant l’individualisme au détriment des enjeux collectifs, le risque est réel que cet engagement soit de plus en plus vécu «à la carte», comme une expérience professionnelle «à valeur ajoutée». Qu’est-ce qui motive, en 2011 au Québec, les jeunes à s’engager dans les mouvements étudiant, indépendantiste, féministe? De quoi est fait l’engagement des jeunes croyants progressistes, ou encore celui des jeunes artistes?
L’été offre des plages de temps précieuses pour lire, se captiver pour de fascinantes intrigues ou se plonger dans des œuvres profondes et denses, loin du zapping de l’information et des lectures obligées. Relations en profite ici pour réfléchir à l’acte de lire. N’est-il pas un outil de politisation et d’émancipation fondamental? Qu’en font d’ailleurs les puissants, à l’ère de la mondialisation et des nouvelles technologies? Et les auteurs, sans qui il n’est point de plaisir de lecture? Les illustrations de ce dossier proviennent des «livres d’artiste» de Marie Surprenant. En marge du dossier, Gustavo Dans s’intéresse au développement industriel de l’Argentine. Pour leur part, Léonce Naud et Karen Reshkin signent «Quels accès publics avons-nous aux plans d’eau?»
«Les racines d’un Québec vert» est le thème du présent numéro. Quels projets, quelles orientations d’avenir doivent forger le Québec de demain? Pour qui a l’écologie à cœur, ce n’est pas la nature qui pose problème, mais bien notre rapport à celle-ci, nos façons de vivre. Il s’agit d’envisager autrement la conception de nos villes et celle de nos campagnes, de gérer différemment nos ressources et de se méfier des fausses solutions «écologiques» qui confortent un capitalisme destructeur plutôt que de laisser place à d’autres modèles et à une réelle et salutaire transformation sociale.
Instable, flexible, contractuel… les termes qualifiant le travail au XXIe siècle sont révélateurs de la précarisation de cette institution qui connaît des changements profonds sous l’impulsion de la logique managériale. La multiplication des agences de placement non réglementées, la diversification des statuts d’emploi ou encore la dégradation des conditions de travail, incluant celles des intellectuels et des artistes, sont autant d’indices du processus de précarisation, qui affecte une grande partie de la population. Comment comprendre ce phénomène? À qui profite-t-il? Quel est le rôle de l’État québécois dans cette situation? Ce sont quelques-unes des questions soulevées dans le dossier de ce numéro.
Relations fête, en 2011, ses 70 ans d’existence dans le paysage culturel, social et religieux québécois. Un des moteurs qui anime la réflexion de la revue et de ses artisans depuis ses débuts est l’indignation face aux injustices et aux atteintes à la dignité humaine. C’est pourquoi ce thème porteur d’engagement social et d’espérance a été choisi pour célébrer cet anniversaire. Ce numéro spécial est l’occasion de lire la plume sensible et engagée de figures québécoises de renom, dont Bernard Émond, Brigitte Haentjens, Pol Pelletier et Louise Warren. En éditorial, «De Tunis au Caire: vers la liberté?»
Un an après la tragédie qui a secoué Haïti, le 12 janvier 2010, la revue Relations se penche sur les enjeux de la reconstruction en s’appuyant sur un portrait de l’État haïtien, non sans réfléchir aux effets du néolibéralisme dans le pays durant ces dernières décennies. La présence massive des organismes non gouvernementaux (ONG) sur le terrain est-elle une aide ou un frein à la reconstruction? Quel est le rôle de la diaspora haïtienne? Qu’arrive-t-il à l’Église catholique? Pourquoi la paysannerie, qui compose la majorité de la population, doit-elle être reconnue dans la vie politique du pays?
La société de consommation actuelle ne connaît pas de limite. À l’approche des Fêtes, Relations propose le dossier «Vivre à crédit», qui traite du lien étroit entre la consommation et l’endettement, qui croît à une vitesse accélérée depuis que le crédit joue le rôle d’un pilier du capitalisme. Quelle est la nature du crédit offert entre autres aux jeunes et aux personnes démunies? Comment s’est-il transformé en «produit» sous l’impulsion de stratégies publicitaires raffinées? De quelles manières peut-on sortir de ce modèle de consommation de masse – qui laisse une trace écologique irréversible?
Violence et religion. Le pouvoir politique instrumentalise souvent le religieux pour arriver à ses fins et justifier la violence de l’État. Mais la religion, comprise dans une perspective sacrificielle, est aussi source de violence. Une lecture littérale et fondamentaliste des textes sacrés amène également certains groupes religieux à promouvoir la violence. Au nom de la religion, les femmes ont subi et continuent de subir des atrocités. Ce dossier est l’occasion de scruter ces questions complexes, à une époque où la globalisation, avec sa violence structurelle, s’apparente elle aussi à une nouvelle religion. Les œuvres de Marc Séguin, artiste invité de ce numéro, accompagnent la réflexion.
Le pouvoir de la désobéissance civile. Elle est présente dans de multiples luttes sociales couvertes par Relations. Du Chili à l’Inde en passant par le Québec, la loi cautionne ou engendre elle-même des injustices qui légitiment et justifient le recours à la désobéissance des citoyens pour tenter de forcer la création d’une loi plus juste. Face au déficit démocratique grandissant dans nos sociétés, mieux comprendre les origines, les caractéristiques et la légitimité de cette forme d’action non violente est essentiel. Au sommaire de ce numéro insoumis s’ajoutent la chronique littéraire de Louise Warren, le carnet de Brigitte Haentjens et des œuvres de la collection Artisans de la non-violence.
À une époque caractérisée par un bourdonnement médiatique incessant, plusieurs recherchent la paix que procure le silence, notamment dans l’art ou les expériences contemplatives, méditatives et religieuses. Indispensable à la construction du sens, le silence est écoute de l’autre, ouverture à l’altérité et rendez-vous avec le mystère. Mais qu’en est-il lorsqu’il découle d’une injonction à se taire? Dans ce numéro, Relations s’ouvre aux silences. Dans les pages « controverse », on se demande si le tourisme équitable et solidaire est une voie prometteuse. Mouloud Idir signe « La Libye: 40 ans de régime autoritaire et rentier ». Et dans son carnet, Bernard Émond s’interroge sur le réel.
Les collaborateurs à ce numéro se demandent quels sont les fondements d’une économie alternative et d’une vision post-capitaliste de la société. L’union intrinsèque de l’économie et de l’écologie semble impérative pour réorienter l’avenir d’un monde. Dans une perspective solidaire, le coopérativisme n’est-il pas à privilégier? Si le temps, c’est de l’argent, n’est-ce pas notre rapport au temps qu’il faut transformer? En plus d’explorer ces questions, sous la rubrique « Regard », le théologien Gregory Baum signe l’article sur « Les agressions sexuelles et l’Église ». Florence Piron et Sylvie Goupil s’interrogent à propos de la cyberdémocratie gouvernementale. Et en images, des œuvres de l’artiste et professeur à l’UQAM Pol Turgeon accompagnent les textes.
Dans ce numéro, Relations propose le dossier « La souveraineté et ses angles morts ». À l’ère du libre-échange et des paradis fiscaux qui affaiblissent structurellement les États au profit des investisseurs privés, une réflexion sur la souveraineté s’impose. Comment se réapproprier un projet souverainiste fondé sur des alternatives à la concurrence interétatique généralisée ? Des gestes de souveraineté en faveur d’une utilisation juste et responsable des ressources naturelles sont-ils possibles ? Toutes ces questions sont traitées dans cette édition qui ouvre également ses pages aux œuvres du sculpteur, peintre et humaniste qu’est Armand Vaillancourt.
Combien de crimes, commis par des États – dictatures et démocraties – ou à caractère économique et financier, restent impunis? De combien de crimes les multinationales et leurs PDG soi-disant respectables sont-ils responsables ou se sont-ils faits complices? Dans ce numéro, Relations propose de livrer un combat contre l’impunité. Les articles se penchent notamment sur les zones d’ombre de la justice internationale, le cas de l’industrie minière au Québec, et sur les lois qui encouragent la cupidité. Dans cette édition, l’artiste invité est le peintre et photographe guatémaltèque Marlon García Arriaga. Depuis 1997, il travaille activement à éclaircir le cas du massacre de Panzós qui a eu lieu en 1978.
Dans ce numéro, Relations consacre un dossier à « La beauté du monde ». Plusieurs artistes et penseurs scrutent ce thème offert comme une inspiration pour la nouvelle année. Entre autres, le dramaturge Wajdi Mouawad signe « Le mot empoisonné », le compositeur Michel Gonneville réfléchit à la création artistique, et la chorégraphe Jocelyne Montpetit se souvient du Japon. En écho aux textes, la photographe d’origine marocaine Osire Glacier, propose des paysages et natures mortes. Également, dans la section Controverse, deux textes posent la question « L’humour au Québec : y a-t-il de quoi rire? »
Théâtre de tractations diplomatiques, militaires et économiques, l’Arctique est au cœur de l’actualité. Le Canada, les États-Unis et la Russie veulent y affirmer leur souveraineté. Des compagnies et de grandes puissances lorgnent ses ressources énergétiques. Tout cela dans le contexte d’un réchauffement climatique causé par l’activité humaine et dont les conséquences sur la faune, la flore et les populations du Grand Nord sont révélatrices d’un écosystème global en crise. Ce dossier tente de jeter un éclairage sur une région du monde qui symbolise et matérialise à la fois la « fuite en avant » caractéristique du modèle de développement productiviste.